18 Decembre 2012- Tania- Qui suis je?

Posté il y a 7 années by rav Haim Dynovisz
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MP4 MP3 RESUME DU COURS : L\’homme change sans cesse, c\’est pourquoi on ne peut le juger qu\’à chaque instant précis, et non d\’une façon générale, en fonction de la majorité de ses actions. Certes, le Talmud donne un autre enseignement, qui semble contredire le Tanya : \ »on appelle juste celui qui a une majorité de bonnes actions\ ». Mais, dit le Tanya, \ »c\’est une manière de parler ; c\’est une appellation que l\’on emprunte au principe de la punition et de la récompense : dans le monde de la rétribution, on fait un inventaire des actions de l\’homme, et on juge d\’après la majorité. Mais, moi, je m\’intéresse à la définition essentielle de l\’être.\ » La justice humaine ne peut jamais entrer dans l\’être et juger les intentions. Elle est très limitée. Souvent, on acquitte quelqu\’un, car on ne peut le condamner, mais cela ne signifie pas qu\’il est bon.

Mais, à un certain niveau, la justice divine juge de la même façon. Dans un 1er temps, D. comptabilise les actions, sans tenir compte de l\’être. Par exemple, à Rosh HaShana, on est jugé pour ce que l\’on a fait durant l\’année. Et, si la majorité est bonne, on s\’appelle un juste et on est inscrit dans le Livre ; si la majorité est mauvaise, on est mauvais ; et si l\’on est moitié moitié, on nous donne entre Rosh HaShana et Kippour pour faire téshuva. C\’est un jugement qui concerne seulement les actions, et non la nature réelle de l\’homme. Au contraire, le Tanya est une œuvre de \’Hassidout, et s\’intéresse à l\’être, pour comprendre et entrer dans toute sa profondeur. Quelqu\’un peut être fondamentalement mauvais sans que cela apparaisse ; ou, au contraire, il peut se révéler un jour comme un être extraordinaire, qui va faire téshuva. On ne peut juger de l\’essence d\’un homme, car on ne sait jamais ce qui peut sortir de lui. Par exemple, Resh Lakish, chef de brigands, qui devint l\’un des plus grands Maîtres ; inversement, Yohanan Cohen Gadol et A\’her ont semblé extraordinaires, toute leur vie mais, à la fin, le mauvais qui était en eux est apparu et ils sont devenus des renégats. C\’est pourquoi Hillel établit comme loi \ »n\’aies jamais confiance en toi, jusqu\’au jour de ta mort.\ »

A partir du moment où il y a, entre D. et l\’homme, un phénomène de comptabilisation des actions, nos Maîtres disent : il est impossible de trouver un homme qui fasse seulement des actions mauvaises ; il en fera aussi, forcément, quelques bonnes ; et Hachem lui donne, déjà maintenant, des années de vie, en rémunération ici-bas. Au contraire, si quelqu\’un a une majorité d\’actions justes, il est impossible qu\’il n\’ait pas aussi des actions mauvaises ; il aura des épreuves, car D. veut le nettoyer et le réparer pour qu\’il arrive propre dans l\’éternité.

Mais pourquoi Hachem, qui connaît les profondeurs de l\’être, juge-t-il seulement en fonction de l\’extérieur ? C\’est la conséquence de la faute de Adam Harishon, qui a entraîné une coupure entre notre être intérieur et notre être extérieur, car rares sont ceux qui vivent au niveau de leurs aspirations et selon ce qu\’ils sont vraiment. Un homme peut être foncièrement bon, et faire le mal, ou au contraire être mauvais et faire le bien. La mort, c\’est la séparation entre ce qui devrait être uni ; avant même la mort physique, elle commence par cette déconnexion de notre être véritable. Un méchant est celui qui, dans le fond, peut être bien, mais il est déconnecté de son fond, et dans les actions il est mauvais. Il est jugé selon son extériorité. La faute a entraîné un drame humain : je ne sais pas qui je suis à l\’intérieur. C\’est pourquoi Hachem dit à Avraham \ »leh leha\ », tu es le 1er que je vais ramener vers lui-même ; je vais t\’apprendre qui tu es, et c\’est début de la réparation.

La faute d\’Adam est le refus de me soumettre à Hachem parce que je ne comprends pas. C\’est la racine de la déchirure dans notre être : plus un Juif dit \ »je ne fais pas car je ne comprends pas\ », plus il devient déconnecté de lui-même, et donc dangereux ; on ne peut faire confiance à ce qu\’il montre, car lui-même ne sait pas qui il est, et on peut voir un retournement de sa personnalité. Au contraire, plus un Juif vit en accord avec la Torah, surtout s\’il ne la comprend pas et qu\’elle le dérange, plus il revient vers lui-même, et reconstruit son être. La coupure de notre être est liée au problème de la soumission car, si je refuse de me soumettre quand je ne comprends pas, cela prouve que je suis soumis à ma compréhension. C\’est rendre un culte idolâtre à mon cerveau : je ne crois que ce que je vois. Et je deviens très dangereux, car notre cerveau et nos sens nous mentent sans cesse. Nous vivons dans un monde complètement illusoire, et rien n\’est plus dangereux que le cerveau humain, s\’il est notre seule référence.

Le jugement selon les actions de l\’homme correspond au Nom de D. Elokim ; et le jugement selon l\’être correspond au Shem Awayé, le Nom de l\’essence. Il faut donc redévoiler le Shem Awayé, qui s\’est complètement voilé, pour un jugement suivant l\’essence de l\’homme. C\’est le fondement de la \’Hassidout qui prépare le peuple juif, et à travers lui les nations, au redévoilement et à la reconstruction de l\’essence. L\’homme ne sera plus aveuglé par l\’extérieur et par les actions, mais il aura cette vision intérieure de qui il est.


30 novembre -0001