9 Janvier 2013 – Tania- Rien n´est plus mauvais que d´etre naturellement bon

Posté il y a 7 années by rav Haim Dynovisz
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MP4 MP3 RESUME DU COURS : Nous avons vu que le nefesh habehemi est composé de 4 forces fondamentales qui s´expriment par des défauts. \ »Mais il y a aussi des qualités naturelles, qui se trouvent dans la nature fondamentale d´Israël\ », dans la nature humaine adamique. Cette nature est foncièrement bonne. Le yetser hatov est déjà dans la nature fondamentale, à la fois parce que le nefesh haeloki est foncièrement tov et aussi parce que le nefesh habehemi a une partie tov : \ »Ra´hmanout (miséricorde) et gmilout hessed (bonté), par exemple, font partie intégrante de la nature d´Israël. Pour ce qui est d´Israël, même le nefesh habehemi appartient à l´écorce appelée noga… c’est-à-dire qu´il contient aussi du bien véritable et sache que c´est, entre autre, le secret auquel la Torah fait allusion quand parle de l´ets hadaat tov vera\ ».

C´est un ´hidoush fondamental du Tania. Le libre arbitre se situe ici : tu as 2 possibilités d´être homme : soit tu mangeras de l´arbre de la vie, et tu seras homme par le nefesh haeloki ; soit tu mangeras de l´arbre de la connaissance, et tu seras homme par le nefesh de la klipa. Hachem avait dit à Adam : je veux que tu sois l´homme du nefesh haeloki. Mais vint le nahash qui le convainc que le bon choix est celui du nefesh habehemi. Dès le départ, le problème est celui du choix de l´homme.

Le nefesh habehemi a aussi du bon, mais c´est un tov naturel, et c´est pourquoi il ne peut empêcher la présence, aussi, du ra, du mauvais (par opposition au nefesh haeloki qui est seulement tov). Si on se contente d´être bon naturellement, on ne peut éviter d´être aussi mal. Car, pour être véritablement bon, il faut choisir le bon tel qu´il est au niveau du Divin, et non de la nature. C´est l´exemple du roi Shaül, qui fit preuve d´une miséricorde extrême vis-à-vis d´Amalek, puis fit exterminer toute la ville de Nove, dont 80.000 cohanim. En effet, quand on est miséricordieux avec les ennemis d´Israël, on est impitoyable avec les enfants d´Israël. C´est l´interdiction de manger de l´arbre de la connaissance, sous peine de mort : si tu construis ta dimension morale uniquement sur ta bonne nature, tu deviendras un jour, quand le contexte le permettra, l´opposé de ce que tu croyais toujours être. Il ne faut pas faire confiance à sa bonne nature, car toute qualité naturelle contient une énorme qualité contraire. Il faut faire le choix de la qualité élokite, du bien divin, qui exige un effort, un dépassement de soi.

Le bien éloki, c´est quand je dis : je suis prêt à faire tout, sauf cela ! C´est contre ma nature, et c´est trop dur. Si je le fais quand même, c´est par le nefesh haéloki, et je me nettoie de toutes les forces contraires dans ce domaine. Ensuite, je ne pourrai plus jamais faire de mal à personne, car cet acte par lequel je me suis dépassé a nettoyé ma bonne nature du danger qu´elle contenait, du défaut qu´elle cachait. C´est l´une des clés de la construction de soi : quand je suis en présence de quelque chose de très dur pour moi, je dois savoir qu´Hachem m´envoie un cadeau pour me nettoyer, et c´est pourquoi c´est très difficile. C´est vrai, en particulier, dans l´atome fondamental qu´est le couple car, quand on se marie, il y a la dimension de l´engagement, où la bonne nature ne suffit plus, et il faut sans cesse se dépasser.

Pratiquement tous les interdits de la Torah ont ce but : ils nous privent des choses faciles du moment, du chemin du bien naturel, pour que l´on n´ait pas la catastrophe ensuite. Car toutes les choses de la nature ont forcément un commencement et une fin.
Seul ce qui est divin est le chemin de l´éternité.

Il y a un aussi un 2nd phénomène : le bien que je fais naturellement est beaucoup plus fort et brillant (et donc trompeur) que le bien spirituel que je fais lorsque je m´efforce d´être bon, contre ma nature. En réalité, la pire chose qui puisse arriver à un Juif est d´être quelqu´un de très bien, mais sans la Torah et les mitsvot, car il sera coincé dans son nefesh habeemi. Il lui sera très difficile de voir en quoi il a besoin de la Torah ! C´est pourquoi Hachem a créé le nefesh habeemi avec le danger dont nous parlions car, tout d´un coup, cet homme commencera à faire des choses terribles qui lui serviront de déclic pour revenir à la Torah. Cela explique, aussi, comment un peuple qui est très bien et grand, est capable, tout d´un coup, de faire des atrocités. Sa grandeur morale n´était fondée que sur le nefesh habeemi. Quand on est bon seulement avec ce nefesh, on peut en quelques années devenir un monstre. C´est la construction morale sur la bonne nature, c´est ce qu´il y a de plus dangereux.


30 novembre -0001